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Parlons Gen Z · Travail & management

Qui travaille le plus ? Le Gen Z qui bosse en regardant sa série, ou le collègue qui s’agite dans tous les sens ?

Et si l’on arrêtait de confondre l’air occupé et le travail accompli ?

Quentin BernouyFormateur · Lecture : 3 min

D’un côté, un jeune de la Gen Z qui avance sur ses dossiers avec une série qui tourne dans un coin de l’écran. De l’autre, un Gen Y, un Gen X ou un Boomer qui court d’un bureau à l’autre, enchaîne les réunions, répond à tous les mails en moins de deux minutes et donne l’impression d’être débordé.

Lequel des deux travaille vraiment ?

La réponse n’est pas aussi évidente qu’on le croit. Notre rapport au travail traditionnel est remis en cause par cette génération, et je pense qu’elle a posé une question que beaucoup d’entreprises évitent depuis des années.

Faire semblant de travailler

Soyons honnêtes : faire semblant de travailler, ça existe. Et ce n’est pas un phénomène marginal, 58 % des salariés reconnaissent le faire. Ouvrir un dossier pour avoir l’air occupé, multiplier les allers-retours dans les couloirs, rester tard pour être vu. Tout le monde a déjà croisé ce comportement, et beaucoup l’ont déjà pratiqué.

La Gen Z regarde ça avec incompréhension. Pourquoi jouer la comédie, alors qu’on peut assumer des pauses régulières et se concentrer pleinement quand c’est nécessaire ? Pour eux, le travail se mesure à ce qu’on produit, pas au temps qu’on passe à avoir l’air sérieux devant son écran.

Ce raisonnement se tient. Personne ne tient huit heures de concentration continue. Quand on s’autorise à décrocher cinq minutes, on revient plus efficace. Ceux qui prétendent le contraire s’épuisent surtout à faire semblant.

Le piège de l’efficacité

Il y a pourtant un revers à cette logique, et c’est là que ça coince dans beaucoup d’équipes.

Imaginez un jeune qui se plonge dans un sujet, le traite à fond et le termine vite et bien. Il a fait ce qu’on lui demandait. Il s’accorde ensuite un moment de pause, sans rien faire de particulier. Et là, la direction le reprend : « Tu es en train de ne rien faire. »

Ce n’est pas qu’une anecdote. C’est le message que reçoivent ces jeunes : travailler vite est puni, et il vaut mieux étirer sa tâche pour paraître occupé. Pendant ce temps, Stéphane, dans la pièce d’à côté, passe des appels fictifs pour montrer qu’il est très sollicité. Et personne ne lui dit rien.

Qui a l’air de travailler ? Stéphane. Qui travaille vraiment ? Le jeune qui a fini son dossier. On récompense l’apparence, on sanctionne l’efficacité, puis on s’étonne que les jeunes soient démotivés.

Alors, quelle méthode est la plus efficace ?

Je ne vais pas vous dire que la Gen Z a toujours raison. Travailler avec une série en fond ne convient pas à tout le monde, et certaines tâches demandent une vraie attention. Les anciennes générations ont aussi des qualités que les jeunes gagneraient à copier : la rigueur, le sens du collectif, la capacité à tenir dans la durée.

Mais la vraie question n’est pas de savoir qui a la meilleure méthode. C’est de savoir ce que votre entreprise mesure et valorise. Si elle regarde la présence, elle aura des gens présents. Si elle regarde les résultats, elle aura des gens qui produisent.

Pour un manager, la bonne pratique consiste à se mettre d’accord avec son équipe sur ce qui est attendu, à faire confiance sur la manière d’y arriver, et à juger sur ce qui est livré. Cela demande de lâcher un peu de contrôle. C’est inconfortable, mais c’est souvent ce qui change tout.

La prochaine fois que vous voyez un collaborateur « ne rien faire », demandez-vous d’abord s’il a terminé. Vous seriez surpris du nombre de fois où la réponse est oui.

Sources et repères

Le chiffre de 58 % cité dans cet article provient d’une enquête Resume Now menée le 25 février 2025 auprès de 1 127 salariés américains. Il ne décrit pas l’ensemble des salariés français.

  1. Trade & Industry Development — Ghostworking : 58 % déclarent faire régulièrement semblant de travailler
  2. HR Executive — Is ghostworking scaring employers?

Quentin Bernouy

J’aide les dirigeants et managers à comprendre la Gen Z et à engager leurs équipes.

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